Églises en Arabie Saoudite : notre démarche auprès du Premier Ministre

Beaucoup d’entre vous auront encore en mémoire la scandaleuse fatwa du grand mufti d’Arabie Saoudite, sheikh Abdul Aziz bin Abdullah, appelant à la destruction de toutes les églises chrétiennes de la péninsule arabique : je l’avais dénoncée le 15 mars dernier. Cette déclaration, jamais rétractée, avait provoqué les protestations des épiscopats indien, autrichien, canadien, allemand et du patriarcat orthodoxe de Moscou, pour ne citer qu’eux. La chose était d’autant plus insupportable qu’il n’existe aucun lieu de culte public chrétien en Arabie Saoudite alors que ce dernier pays ne se gêne pas pour financer directement ou indirectement la construction de mosquées en France sans que notre État s’y oppose en vertus du principe de réciprocité que pose pourtant l’article 11 de notre Code civil. De faits les Saoudiens qui habitent et travaillent en France (diplomates, hommes d’affaires, etc.) peuvent faire leurs dévotions dans des mosquées payées par son pays et construites sur notre sol, alors que des Français travaillant en Arabie Saoudite n’y trouveront aucune église ouverte et qu’il leur sera même interdit d’organiser un culte ou une réunion de prière dans leurs appartements privés ! Ce n’est pas admissible et ce n’est plus supportable. J’ai donc pris la décision d’écrire au Premier Ministre le 14 septembre. Voici le texte de mon courriel qui – je le dis sans tarder pour ne pas inquiéter l’abbé Christophe Roucou –, est bien arrivé dans les services du destinataire… D.H.

Monsieur le Premier Ministre,

C’est avec consternation que j’ai pris connaissance de la récente fatwa émise par le grand mufti d’Arabie saoudite, exigeant la destruction de toutes les églises de la Péninsule arabique.

Je trouve ce texte d’autant plus inadmissible que les chrétiens d’Arabie saoudite sont déjà totalement privés du droit de vivre leur foi. Et que l’Arabie saoudite ne se prive pas pour financer, plus ou moins discrètement, l’islam le plus radical dans notre pays.

Une telle situation n’est plus supportable. Il n’est que temps d’exiger une réciprocité totale dans l’application de la liberté religieuse.

C’est pourquoi je vous prie, Monsieur le Premier ministre, de bien vouloir faire pression sur les pouvoirs publics saoudiens pour qu’ils réprouvent publiquement cette inadmissible déclaration, et qu’ils autorisent enfin les chrétiens habitant leur territoire à construire des églises et à vivre leur foi dans la dignité.

À défaut, je vous serais reconnaissant de bien vouloir signifier aux mêmes pouvoirs publics saoudiens que nous n’accepterons plus la moindre construction de mosquée sur notre sol.

La France a une tradition séculaire de défense des chrétiens d’Orient, dont votre ministre des Affaires étrangères a bien voulu me signifier qu’elle demeurait un guide pour la politique étrangère de notre pays. Je suis donc confiant dans votre engagement au service de cette cause, qui est d’abord la cause de la dignité humaine.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier ministre, l’expression de ma haute considération.

Daniel Hamiche

Rédacteur en chef de l’Observatoire de la christianophobie, porte-parole de l’association Defensor Christi

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7 Commentaires

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    Melmiesse
    19 septembre 2012

    l’épiscopat français ne semble pas avoir réagi, mais il est bon que le gouvernement connaisse les sentiments des Français concernant les bientôt 3 mille mosquées construites en France pour des gens qui ne veulent pas de nos églises

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    L'indigné
    20 septembre 2012

    Quand on voit la crainte(légitime) qui s’est emparée du gouvernement après la publication des caricatures de Mahomet dans « Charlie Hebdo » (fermeture des ambassades, consulats et écoles françaises dans une vingtaine de pays musulmans), je demeure sceptique sur le résultat de votre courrier au Premier Ministre.
    Nos dirigeants anciens ou actuels ont de plus en plus de difficultés à faire respecter les lois françaises sur notre territoire (interdictions des manifestations non autorisées, interdiction des prières sur la voie publique…). Comment voulez-vous qu’ils fassent respecter la moindre équité dans les territoires sous contrôle salafiste ou wahhabite, alors que le salafisme se développe en France même ?
    N’oublions pas non plus que, dans la crise syrienne, la France se trouve, grâce aux Américains et à l’Union européenne, dans le même camp que les « pétromonarchies ».
    Sans compter que le discours de ceux qui nous gouvernent et de leurs relais médiatiques, n’a aucune affinité avec la morale catholique.
    Votre espoir d’obtenir une réponse ferme à vos bonnes questions me semble mince…

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      admin
      20 septembre 2012

      @L’indigné
      1. « Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer » (Guillaume d’Orange) ; 2. « Les seules batailles qu’on est assuré de perdre sont celles qu’on n’ose pas livrer » (Daniel Hamiche…)

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    Michèle
    20 septembre 2012

    Bravo, il ne faut jamais baisser les bras, j’en ai fait l’expérience dans des circonstances où je me suis forcée à entreprendre des démarches sans conviction, il faut l’avouer, mais pas toujours en vain, il faut le dire aussi. Je crois que c’est une des exigences et des expressions de la foi, et de l’espérance qui ne repose qu’en Dieu, qui nous exauce toujours.. à Son heure et à Sa manière

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    jofel
    20 septembre 2012

    @michèle : »Je crois que c’est une des exigences et des expressions de la foi, et de l’espérance qui ne repose qu’en Dieu, qui nous exauce toujours.. à Son heure et à Sa manière » Bravo! J’applaudis dans le même esprit.

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