À leur tour, les évêques du Canada interpellent les autorités saoudiennes sur le grand mufti du royaume

Les déclarations de mars dernier du grand mufti d’Arabie saoudite, sheikh Abdul Aziz bin Abdullah, appelant à la destruction de toutes les églises chrétiennes de la péninsule arabique, ont suscité des protestations notamment de l’épiscopat catholique autrichien, de l’épiscopat catholique allemand, du patriarcat orthodoxe de Moscou et de l’épiscopat catholique indien. L’épiscopat catholique canadien vient de joindre sa voie à ces protestations en interpellant l’ambassadeur saoudien à Ottawa. Voici le texte de la lettre du 30 mai du président du Comité des droits humains de la Conférence épiscopale canadienne. D.H.

Le grand mufti de la R.A.T.P.

Votre Excellence,

Dans une déclaration du 12 mars 2012, le cheikh Abdul Aziz bin Abdullah, qui est probablement l’une des voix les plus influentes en Islam, a dit qu’« une seule religion », l’islam, « devrait exister dans la Péninsule arabique » et qu’il était donc « nécessaire de détruire toutes les églises dans la région ». Quoique ces propos aient été largement véhiculés par les agences de nouvelles il y a plus de deux mois, aucun rapport n’a encore fait mention que les autorités d’Arabie saoudite aient depuis rectifié ou dénoncé cet appel à la violence religieuse.

L’article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations Unies souligne que « toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites ».

Nous demandons que votre gouvernement applique le principe énoncé dans la Déclaration de Riyadh, en 2003 : « La contrainte religieuse est interdite en vertu de la Loi divine, des traditions et des conventions internationales; elle ne devrait pas être exercée en aucun cas » (#8). Une telle tolérance n’apparaît pas dans la déclaration faite par le cheikh Abdul Aziz bin Abdullah.

Le roi Abdullah bin Abdulaziz Al-Saud suscite le respect en raison de ses efforts pour favoriser le dialogue entre les grandes religions du monde, de son rôle dans la mise en place de la Conférence mondiale sur le dialogue, à Madrid, en Espagne, et de son appui en faveur d’une conférence des Nations Unies sur le dialogue, en 2008. Nous vous demandons instamment de faire part à Son Altesse Royale de nos préoccupations à propos de la déclaration du cheikh Abdul Aziz bin Abdullah, plus particulièrement en considération du besoin urgent d’harmonie et de tolérance religieuses au Moyen-Orient.

Puisse la paix de Dieu se répandre sur les peuples de bonne volonté.

Avec l’assurance de mes sentiments cordiaux,

Mgr François Lapierre, P.M.É.
Évêque de Saint-Hyacinthe
Président du Comité des droits humains
Conférence des évêques catholiques du Canada

Source : Conférence des évêques catholiques du Canada

 

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3 Comments

  • Répondre
    Melmiesse
    4 juin 2012

    ce cheikh devrait se faire psychanalyser il délire il est irréaliste désire-t-il une dictature du Moyen-orient dont il serait la tête?

  • Répondre
    jofel
    7 juin 2012

    Hélas ! Le dialogue entre les grandes religions du monde, la Conférence mondiale sur le dialogue, à Madrid, même portée devant les Nations Unies, exprimant sans doute un désir sincère de paix, ne peut aboutir, car cette grande « construction » (Ap. 17) rejette la pierre principale menant à bien toute entreprise humaine, et ayant pour nom Jésus, le Fils de Dieu. Car il est écrit :
    « Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, Et la domination reposera sur son épaule ; On l’appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel (1), Prince de la paix » (Isaïe 9 :6)
    « Il n’y a de salut en aucun autre ; car il n’y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés » (Actes 4 :12)

    « L’honneur est donc pour vous, qui croyez. Mais, pour les incrédules, La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient Est devenue la principale de l’angle, Et une pierre d’achoppement Et un rocher de scandale » 1Pierre 2 :7) S’il y a un honneur pour ceux qui bâtissent sur cette pierre, il y a forcément un déshonneur pour ceux qui font abstraction de ce nom au cours de ces dialogues

    « C’est pourquoi, quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai aussi devant mon Père qui est dans les cieux » (Matthieu 10 :32).

    Il arrive donc un moment où il faut choisir entre « un dieu » que les hommes se construisent, et Celui qui a révélé le vrai Dieu et par qui toutes choses sont. Dans cette construction il ne peut y avoir de consensus, car il est bien écrit :
    (1) – « Je suis l’Éternel, c’est là mon nom ; Et je ne donnerai pas ma gloire à un autre, Ni mon honneur aux idoles » (Isaïe 42 :8). Remarque : Ici, il est aussi question d’honneur.

    C’est pourquoi il est aussi écrit et recommandé : « Sortez du milieu d’elle, mon peuple, afin que vous ne participiez point à ses péchés, et que vous n’ayez point de part à ses fléaux » (Ap. 18 :4).
    Nota : Parfois, nous sommes confrontés à ce dilemme : Plaire à Dieu et l’aimer en lui obéissant, même si cela fait mal aux entrailles, ou suivre des hommes qui « retiennent son Nom » comme cela est mis au grand jour dans les « lettres au 7 Eglises », Apocalypse 2 :13.