Alexandre Del Valle : vers une “solution finale” pour les chrétiens du Nigéria ?

Dans un article bien documenté, publié le 22 février et titré « Le Nigéria bientôt purifié de ses chrétiens ? », Alexandre Del Valle dresse un bilan tragique de la situation des chrétiens dans ce pays, victimes désignées de la secte islamiste du Boko Haram et de musulmans fanatisés. En voici in extrait qui ne dispense pas de la lecture de l’ensemble de cette article (mais illustré d’une photo terrible mais dont j’ai lu quelque part qu’elle n’avait rien à voir avec les exactions du Boko Haram). D.H.

C’est dans ce contexte général de descente aux enfers du Nigéria que 200 chrétiens du Nord du Nigéria ont été sauvagement tués juste après l’élection présidentielle nigérienne d’avril 2011. Le bilan dressé, par l’ONG Civil Rights Congress et la Croix Rouge faisait également état de 400 blessés et de 40 000 déplacés, de milliers de maisons, d’églises et de commerces de chrétiens brûlés, etc. L’arrestation de milliers d’émeutiers dans plusieurs villes de taille moyenne comme Kaduna ont montré que ces massacres n’étaient pas le fait de quelques islamistes isolés, mais de populations locales collectivement fanatisées contre des chrétiens membres d’ethnies rivales. A la fin de l’année 2011, les mouvements islamistes ont lancé une nouvelle vague d’attentats destinés à terrifier les populations chrétiennes. Juste avant la veillée de Noël 2011, Boko Haram a fixé un ultimatum de trois jours aux chrétiens installés dans le Nord musulman, les sommant de partir définitivement, le but affiché étant de faire des Etats du Nord du Nigéria une terre totalement purifiée de ses chrétiens et de ses « païens » animistes. Dès le lendemain, le 25 décembre 2011, le groupe terroriste a lancé une série d’attaques à la bombe qui a provoqué la mort de 80 personnes, la plus sanglante ayant entraîné la mort de 37 chrétiens devant une église à 70 km d’Abuja, la capitale. L’année précédente, des attentats revendiqués par Boko Haram avaient déjà tué une trentaine de chrétiens en pleine fête de Noël. Le 4 janvier 2012, 18 autres chrétiens ont été tués lors d’une nouvelle attaque perpétrée à Mubi, ville de l’Etat d’Adamawa (Est du pays), situé au sud de l’Etat de Borno, bastion des Boko Haram. Le lendemain, l’attaque surprise d’une foule de chrétiens pleurant les morts de la veille fit cette fois-ci 21 victimes. Entre les 13 et 20 janvier, au moins 185 personnes ont été tuées à Kano, la deuxième ville du Nigeria, lors d’une nouvelle série de fusillades et d’attentats à la bombe. Ces attaques simultanées, qui rappellent le mode opératoire d’Al-Qaïda, ont constitué la plus grande opération terroriste meurtrière de Boko Haram depuis 2000. Le groupe islamo-terroriste a démontré une nouvelle fois qu’il était capable de défier directement les forces de l’ordre, brûlant des écoles et des universités puis mitraillant des commissariats. Comme de coutume, Boko Haram prétendait « répondre » aux raids policiers lancés peu avant contre des séminaires islamiques suspects et « venger » de prétendus « actes de blasphèmes » envers le Coran. A peine 48 heure après la première série d’attentats, de nouvelles explosions ont frappé une église catholique et un temple évangélique, tuant 10 personnes – dont un policier et un soldat – dans les villes de Bauchi et de Tafawa Balewa, situées, comme Kano, sur la ligne de partage entre le nord musulman et le sud chrétien. Le 4 février, une dizaine de chrétiens ont également péri dans une énième attaque terroriste perpétré dans une ville du nord du Nigeria. Le bilan de l’année 2011 est particulièrement lourd : près de 1 000 chrétiens ont été assassinés par Boko Haram et d’autres groupes islamiques implantés dans les 14 Etats du Nord du Nigeria, notamment ceux de Kano, Kaduna, et Sokoto. Au total, depuis 2009, la secte terroriste a causé la mort de plus de 1 500 Nigériens, en majorité chrétiens. Depuis, les chrétiens du Nord hésitent entre plusieurs solutions : l’autodéfense, la fuite définitive vers le Sud majoritairement chrétien-animiste, ou la partition pure et simple.

Source : Dreuz.info

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A propos de l'auteur  ⁄ Daniel Hamiche

Daniel Hamiche est journaliste et président de l’association Amitié catholique France/États-Unis. Il a lancé, en 2007, le blogue Americatho (aujourd’hui membre du portail de réinformation Riposte Catholique). Il est administrateur et rédacteur du blogue L’Observatoire de la Christianophobie.

4 Commentaires

  • Répondre
    GOY
    26 février 2012

    JE NE PEUX COMPRENDRE LA PASSIVITE DU MONDE OCCIDENTAL CONTRE LES FANATIQUES ISLAMISTES DE TOUS CES PAYS Y COMPRIS DU LAXISME DU VATICAN QUI NE DONNE AUCUNE LIGNE DE REPROCHE.

  • Répondre
    27 février 2012

    Le plus inquiétant en autre le vatican qui pourrait saisir le monde des grandes puissances ….. bizarre bizarre quand même ……!!!

  • Répondre
    lile
    25 mai 2012

    BENOIT 16 A DENONCE MAIS QUE FONT CERTAINS EVEQUES???

  • Répondre
    18 juillet 2012

    Mais que fait donc la conférence des évêque de France et les associations qui se disent chrétiennes comme la Cimade, le secours catholique et les 27 autres autres associations chrétiennes ainsi que le CCFD si prompt à dénoncer les méfaits des pays occidentaux envers le tiers monde ?

    Y a t-il des bons tueurs et de sales victimes comme les Khmers rouges et le peuple Khmer massacré ?
    Toutes ces associations n’avaient elles pas applaudi à la prise de pouvoir par les Khmers rouges aidés par le NV et la Chine

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