Mali : AQMI revendique l’enlèvement de Béatrice Stockly


beatrice stockly - copie

L’enlèvement, le 7 janvier dernier, à Tombouctou de la missionnaire chrétienne protestante Béatrice Stockly (voir ici), vient d’être revendiqué, dans une vidéo (voir ci-dessous la vidéo intégrale), par le groupe terroriste islamiste Al-Qaïda au Maghreb islamiste (AQMI). Le quotidien genevois Le Temps en a traité dans son édition d’hier, dans un long article bien documenté et plein d’informations d’intérêt…

« Nous, Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), dans la région du Sahara, déclarons notre responsabilité dans l’enlèvement de cette évangélisatrice infidèle, Béatrice Stockly, qui avec son travail veut faire sortir de l’islam de nombreux fils de musulmans ». Dans une vidéo diffusée lundi, AQMI revendique clairement le rapt d’une missionnaire suisse le 7 janvier à Tombouctou. Béatrice Stockly avait déjà été enlevée en 2012, mais elle a choisi de retourner dans la ville du nord du Mali en janvier 2013 malgré de nombreux avertissements. La vidéo est intitulée « Le sort de nos otages ». Des images de prisonniers, parfois menottés, le visage couvert, sont visibles, en alternance avec celles de djihadistes et de leaders d’Al-Qaïda, dont le défunt Oussama Ben Laden. La séquence de la vidéo se termine avec une citation de Ben Laden évoquant la loi du talion. Elle dure très exactement 8:23 minutes et c’est à la quatrième qu’apparaît un djihadiste au fort accent britannique, qui évoque la Suissesse. Apparaît ensuite Béatrice Stockly, d’abord de profil puis de face, voilée. Elle s’exprime en français, avec une intonation africaine. Et donne des indications sur le moment où la vidéo aurait été tournée : le 19 janvier. Elle mentionne explicitement l’attentat de Ouagadougou, revendiqué par AQMI, qui a eu lieu le 15 janvier, preuve que la vidéo, ou une partie en tout cas, a bien été tournée après l’attentat. La Bâloise reconnaît des activités « d’évangélisation », un point sur lequel insiste le combattant filmé, qui parle de « Swiss nun who declared war against Islam ». Romain Caillet, spécialiste du djihad, relève ce point dans un tweet : « Inquiétant, le ravisseur dit que Béatrice Stockly a déclaré la guerre à l’islam en s’adonnant à des activités de prosélytisme chrétien. » En échange de la remise en liberté de Béatrice Stockly, l’homme à l’accent britannique exige au nom d’AQMI la libération de djihadistes emprisonnés dans la capitale malienne de Bamako, mais également celle de l’un de ses dirigeants, Abou Tourab (Ahmad Ould Al Faqi), détenu à la Cour pénale internationale (CPI). Abou Tourab était un des chefs touaregs du groupe djihadiste malien Ansar Dine, lié à AQMI, accusé de destructions d’édifices religieux et de monuments historiques à Tombouctou en 2012. Il a comparu pour la première fois en septembre à La Haye. Ansar Dine est précisément le groupe qui avait kidnappé la Bâloise en 2012. Malgré les avertissements du Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE), Béatrice Stockly était retournée s’installer à Tombouctou en janvier 2013, lorsque les djihadistes en ont été chassés et dispersés après une intervention militaire internationale déclenchée à l’initiative de la France. Lors de sa première mésaventure, elle avait été libérée dix jours plus tard grâce à une médiation du Burkina Faso. Elle avait été remise à une représentante du DFAE par des membres du groupe islamiste Ansar Dine, arrivant à nord d’un pick-up en « robe et turbans noirs mais le visage découvert », selon la description de journalistes sur place. « La situation est plus difficile aujourd’hui », lâche un proche du dossier. « En 2012, nous avions eu beaucoup de chance avec l’intervention décisive du général Diendéré, actuellement en prison. Cela sera beaucoup plus difficile cette fois. Le seul changement par rapport à 2012 est la forte présence de l’armée française ». La Suisse doit-elle donc compter sur l’aide de la France ? Le DFAE a déjà réagi, mercredi, en exigeant la libération « sans conditions » de sa ressortissante. Mais le djihadiste qui intervient dans la vidéo se fait menaçant. Il explique clairement que « si l’otage avait été française, les revendications seraient réglées en quelques mois et sa libération serait possible ». Il insiste sur le fait que l’otage s’était engagée, en 2012, à ne plus revenir « évangéliser » en « terre d’islam » et qu’elle a violé la promesse. « Son sort était alors de retomber aux mains des moudjahidines », précise la vidéo. Le combattant, qui pose face caméra avec deux projecteurs allumés et quelques guerriers armés derrière lui, rappelle que « par le passé » ce genre de négociation se faisait en secret, discrètement, mais que la situation a changé. En conclusion, l’homme s’adresse au gouvernement suisse, en soulignant que si les deux revendications ne sont pas assouvies – il n’est jamais fait mention de rançon –, « alors le Sahara deviendra une grande prison pour tous vos citoyens ».

Source : Le Temps, 27 janvier (merci J. F. R. pour ce signalement)

2commentaires
  1. Damien

    29 janvier 2016 à 9 h 22 min

    l’ISLAM est intrinsèquement mauvais, malfaisant, instrument du mal dans le monde. Tel une pandémie, il faut l’éradiquer par tous les moyens afin de sauver l’humanité.
    Mais pour l’église, ce sont des « croyants ». L’Eglise confond Allah avec le « Père » que Jésus nous a fait connaître. Et Allah est un usurpateur.

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