Retour sur les manifestants “inculpés” lors du scandale de la pièce de Castellucci à Paris…

Une lectrice de ce blogue (merci Laure !) a laissé un commentaire d’intérêt sur un article du 13 février dernier. Comme je crains qu’il passe inaperçu, je le publie ici. On y découvrira comment le pouvoir politique et la justice s’y prennent pour réprimer certains manifestants contre la pièce scandaleuse de Romeo Castellucci, Sur le concept du visage du fils de Dieu, qui a fait l’objet d’une si grande mobilisation à Paris (et en France) l’an passé. Une information que vous ne risquez de trouver ailleurs… D.H.

Parmi les soixante-et-onze catholiques appelés à comparaître au tribunal suite à ces protestations en France, les neuf auteurs des jets d’œufs et d’huile de vidange ont été jugés en référé le 15 février à Paris. Trois d’entre eux ont été relaxés, les six autres condamnés à une amende délictuelle de 300 €… pour un délit que presque aucun n’a commis. En effet, lancer un projectile sur un policier est un délit, mais le lancer sur des spectateurs n’est passible que d’une contravention… et que dire de ceux qui n’ont touché qu’une porte du théâtre ou le bitume de la chaussée ?
Les deux jeunes gens qui étaient perchés sur la façade du théâtre doivent verser chacun 400 € de dommages et intérêts supplémentaires à deux policiers disant avoir été touchés par mégarde. Habitués qu’ils sont aux pavés, aux cocktails molotov et aux tirs de mortiers, on comprend quel préjudice moral a pu leur causer un œuf volant à basse altitude…
La nuit des évènements, lors de la (remarquablement longue) garde à vue, les policiers, déjà embarrassés d’avoir des prisonniers arrêtés pour un tel motif, n’avaient rien contre eux puisque les quelques spectateurs touchés n’avaient pas porté plainte. Ils ont dû inventer des « victimes » policières pour satisfaire aux pressions de la mairie.
Le parquet, sous pression aussi, a tout de même proposé trois relaxes et des peines légères en raison de la “propagande” qui ne manquerait pas d’être faite autour des conclusions du procès.
Le juge, résolument hostile, a accompli le tour de force de condamner six personnes sans parvenir, en cinq pages de justifications, à exposer le motif précis de la condamnation. On hésite, à la lecture, entre « le risque de toucher un policier » (toute dernière innovation du droit français sans doute) et « l’oppression du droit culturel des spectateurs» (qui n’était pas l’objet du jugement).
Antichristianisme d’État ? Une vieille tradition révolutionnaire française !

A propos de l'auteur  ⁄ Daniel Hamiche

Daniel Hamiche est journaliste et président de l’association Amitié catholique France/États-Unis. Il a lancé, en 2007, le blogue Americatho (aujourd’hui membre du portail de réinformation Riposte Catholique). Il est administrateur et rédacteur du blogue L’Observatoire de la Christianophobie.

2 Commentaires

  • Répondre
    c
    9 mars 2012

    Le nerf de la guerre c’est l’argent, sinon ce jugement pourrait sans doute être contesté. Effectivement l’on ne risque pas de trouver de la publicité sur de telles injustices flagrantes.
    Mais en fait c’est assez logique, quel est celui que Ponce Pilate a du relâcher à la demande de la foule?

  • Répondre
    jofel
    10 mars 2012

    « Mais en fait c’est assez logique, quel est celui que Ponce Pilate a du relâcher à la demande de la foule? » Très juste,c dit! Sur la grande place publique, le choix du pouvoir défaillant a tranché: Approuver l’injustice, donner toute liberté au mal. Aussi ce choix des foules et des autorités n’a-t-il cessé de faire tache d’huile sur la grande place publique de la planète.

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