Christianophobie au “Club des cinq” : notre lettre-pétition à Hachette !


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Notre révélation sur la “réécriture” d’un passage du chapitre V du Club des cinq au bord de la mer, visant à “gommer” un modeste affleurement chrétien dans cette aventure, qu’on pouvait constater et dans l’édition anglaise originale et dans la première version de la traduction française (voir ici), a suscité une considérable attention des lecteurs de notre blogue – et de blogues amis… L’article a été lu par près de 30 000 lecteurs et partagé 32 000 fois sur notre page Facebook ! Et vous avez été très, très nombreux à répondre positivement à la question que je posais en fin d’article : « Seriez-vous partant pour que nous lancions une pétition auprès de Hachette Jeunesse afin de leur demander de remettre ce chapitre V dans sa version d’origine ? ».

Couverture de l'édition 2011 qu'il ne faut pas acheter !

Couverture de l’édition 2011 qu’il ne faut pas acheter !

Je me suis donc mis au travail et je vous propose de signer la lettre-pétition destiné à l’éditeur en complétant, tout simplement, le questionnaire qui la suit. Votre demande aboutira directement dans les boîtes de réception courriels du directeur de la communication du Groupe Hachette, de son adjointe, de la responsable des droits étrangers de Hachette Jeunesse, et dans celle du “contact” général de cette division éditoriale. Je me suis efforcé de rédiger un texte pondéré mais explicite et je pense que l’entreprise répondra à chacun de ceux qui auront envoyé cette lettre-pétition. Agissez donc immédiatement et, surtout, partagez largement notre lettre-pétition auprès de votre carnet d’adresses, de vos proches, de votre famille, de vos amis. Voici le texte de notre lettre-pétition…

Depuis 1955, les aventures des jeunes héros du “Club des cinq” ont fait rêver des générations de jeunes Français et francophones, filles et garçons. Le succès de cette série est si impressionnant et si soutenu, qu’à la mort en 1968 de son auteur, la romancière britannique Enid Blyton, et après vingt-et-une aventures, sa traductrice française, Claude Voilier, en écrivit vingt-quatre autres !

La traduction des vingt-et-un titres originaux, les intrigues et péripéties étant sauves, s’apparente d’ailleurs plus à une adaptation francisée des personnages et des lieux, ce qui se conçoit compte tenu de l’âge des lecteurs auxquels ces romans s’adressent.

Toutefois et récemment, l’adaptation de la traduction a outrepassé les limites acceptables pour un tel exercice, et s’est même transformée en un laborieux exercice de réécriture parfaitement inacceptable et versant dans le tendancieux.

J’en veux pour preuve ce passage tiré du chapitre V de l’aventure intitulée Le Club des cinq au bord de la mer (publiée au Royaume-Uni en 1953 et chez Hachette en 1959), dans vos éditions de 1969 et 2011.

En 1969, l’adaptation publiée était encore très proche de l’original anglais que je tiens à votre disposition :

« Voulez-vous aller à la messe ? demanda Mme Penlan. La route jusqu’à l’église de Trémanoir est ravissante, vous aimerez sûrement M. le curé; c’est un saint homme. – Oui, nous irons, dit François […] La vieille église dormait à l’ombre de ses tilleuls; elle était toute petite, accueillante, charmante. Lorsque Yan vit que l’on attachait le chien près du portail de l’église, il décida de rester avec son ami, ce qui n’amusa pas du tout Claude. Elle ne pourrait pas les surveiller, et ils allaient faire les fous tout le temps, qu’elle serait à la messe. La chapelle était fraîche et obscure, mais trois vitraux de couleurs projetaient sur les colonnes et sur les dalles des reflets violets, rouges et bleus. M. le curé avait l’air d’un saint. Son sermon, tout simple, semblait émouvoir chacun des fidèles en particulier. Il les connaissait bien tous, il était leur ami. Lorsque les enfants sortirent de la messe, ils furent éblouis par le soleil. »

Mais en 2011, changement de décor…

« Voulez-vous m’accompagner au marché ? demande la fermière, après avoir rempli la dernière mangeoire de l’étable. – Oh, oui ! acquiescent les enfants. On tiendra Dago en laisse pour qu’il ne se jette pas sur les stands de poulets rôtis […] Le marché se tient à l’ombre des tilleuls : il n’est pas grand, mais très vivant. Sur les étalages reposent des légumes colorés et des fruits juteux. Des poulets dorés tournent sur les broches des rôtisseries. Les commerçants interpellent de leur voix sonores les clients qui arpentent l’allée, pour vanter la qualité de leurs produits. Mme Elouan connaît bien le boucher car c’est lui qui se charge de vendre les volailles de sa ferme. Lorsque les enfants quittent le marché, ils se sentent affamés. »

Entre ces deux “versions”, le seul point commun ce sont les… tilleuls !

Hachette s’estime « dépositaire d’une partie de l’héritage culturel » de la France, soit. Mais l’inconvenante substitution que je vous signale, montre que vous en bradez sans sourciller ce qui en constitue le socle : l’héritage culturel chrétien, en en gommant un affleurement pourtant bien modeste dans ce roman.

J’aimerais lire vos explications sur cela et j’attends donc avec la plus grande impatience votre réponse tout en formulant, sans attendre, le vœu que la plus prochaine réédition du Club des cinq au bord de la mer rétablisse la traduction originale.

À présent complétez chacun des champs ci-dessous et cliquez sur « Je signe » (en rouge). Un message apparaîtra à l’écran signifiant que votre lettre-pétition a bien été adressée…


24commentaires
  1. gwenda

    30 janvier 2016 à 16 h 56 min

    Comment est-il possible de toucher à des textes comme ça ? N’y a-t-il pas des lois contre ça ? Ce genre de changement est pernicieux, orienté .. et si ce n’était qu’un début ?
    Pourquoi cherchons-nous en permanence à aller plus vite que la musique, voir notre société à travers les yeux des nouveaux arrivants …. Raisonnement ridicule avec des effets dramatiques !!! !

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  2. Bastet

    30 janvier 2016 à 18 h 10 min

    Peut-être que ces « tilleuls » cachent une forêt ? Seuls des collectionneurs de la série pourraient le dire.

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  3. Katia

    30 janvier 2016 à 20 h 29 min

    Voilà Daniel,
    C’est signé et bravo à vous pour ne rien lâcher et jamais!!

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  4. Matthews

    31 janvier 2016 à 0 h 43 min

    La prochaine édition « voulez-vous aller à la mosquée…?

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    • Maurice

      31 janvier 2016 à 7 h 23 min

      Pas « voulez-vous », mais allons à la… (au choix, mosquée ou synagogue, mais de préférence mosquée pour ne pas gêner les chances pour la France)
      Qui est dépositaire de l’œuvre de cette femme ? C’est cette personne ou société qui doit faire le nécessaire pour que Hachette respecte le texte, si c’est Hachette peut-il ne pas le respecter ?

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    • Ghaliane

      2 février 2016 à 7 h 28 min

      Pfffff n’importe quoi

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  5. Gérard

    31 janvier 2016 à 9 h 19 min

    Bonjour,

    J’ai signé évidemment. Je suis abasourdi par un tel asservissement à la pensée unique et une telle malhonnêteté intellectuelle.
    Merci pour votre dévouement.

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  6. Zack

    31 janvier 2016 à 13 h 48 min

    Au delà du caractère explicitement christianophobe ( n’y voyant pas autre chose), je suis particulièrement choquer que la memoire d’un écrivain ne soit pas respectée ! Gommer une partie du roman présentant un aspect catholique (messe, prêtre, etc…) pour le remplacer par une dimension tout autre, c’est comme si on changer l’histoire qu’à voulu donner l’auteur à son roman ! Je ne savais pas qu’en France nous étions sous un régime marxiste ! Vraiment choquant et grave pour la démocratie et l’histoire d’un pays, d’une nation. Respectez l’auteur svp ! C’est cela la liberté intellectuelle. Catho ou pas d’ailleurs !

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  7. zézé

    31 janvier 2016 à 15 h 04 min

    J’ai signé ! Merci de nous avoir prévenu, car évidemment j’ai passé l’âge de lire « le club des 5 », mais nous avons quelques exemplaires à la maison….. et je refuse ce genre de changement. Pourquoi pas attaquer la bibliothèque rose de Mme la Comtesse de Ségur ? Je n’espère pas qu’ils oseront ce genre de fantasme. Voilà comment on change l’Histoire : oh ce ne sont que quelques paragraphes dans certains livres innocents, puis ensuite on s’attaque à la GRANDE HISTOIRE.. mais n’est-ce pas déjà le début de la fin ?

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  8. bossard

    31 janvier 2016 à 15 h 44 min

    p 47 EDITION 15 01 75
    pour valider le texte original …

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  9. Gilberte

    31 janvier 2016 à 20 h 49 min

    les jeunes ne doivent pas prendre pour héros ceux qui vont à la messe: je n’avais jamais vu de censure en France. La censure s’occupera-t-elle des adultes, Bernanos Châteaubriand, Claudel, une bonne partie de Victor Hugo, pour les siècles précédents, il y a du travail!!
    J’ai signé la pétition, curieuse de voir la réaction d’Hachette prise en flagrant délit

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  10. François DUPONT

    1 février 2016 à 8 h 41 min

    Qui veut s’attaquer à la réécriture laïque des œuvres des Bernanos, maintenant ?

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    • Gérard P.

      1 février 2016 à 15 h 38 min

      Hé oui! Tout est permi…!
      J’ai signé.Hélas j’aurai préférer leur tirer les oreileset une bonne fessée,etc celà leurs feraient un immence bien comme à des gamins…Comment aussi interdit???

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  11. samovar

    1 février 2016 à 15 h 07 min

    Où peut-on racheter la version ancienne ? Vite vite … l’achat en masse est plus efficace que la pétition ou la complète : voyez l’effet des tirages des livres dits « subversifs » comme Zemmour ou autres … car « ils » ne comprennent que les chiffres financiers !

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  12. Meuleman Rik

    2 février 2016 à 0 h 47 min

    Il serait temps que l’on arrête de chercher à effectuer toutes sortes d’adaptations ridicules des produits de notre culture pour ne pas heurter les musulmans qui sont venus nous rejoindre dans ce pays.
    De mon côté, je respecte leur culture tant qu’elle n’est pas intégriste et qu’elle ne revendique pas le retour au moyen âge et il ne m’est jamais venu à l’idée de toucher aux histoires de Nasr Hedin Hodja pour les rendre conforme à mes traditions.

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    • Sebaa

      2 février 2016 à 7 h 24 min

      Je suia musulmane pratiquante et je suis outrée de ce qu’ils ont osé effectuer…c’est pourquoi j’ai signé la pétition, tout comme vous..mais de grâce quel est le rapport avec l’islam ou les musulmans de France dans cette histoire??
      Certains commentaires sont tout aussi choquants.

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  13. Floris de Bonneville

    3 février 2016 à 15 h 07 min

    Demain, en principe, je parle de cette pétition sur Boulevard Voltaire.. Et encore bravo pour l’ensemble de votre travail!

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  14. Katia

    4 février 2016 à 7 h 57 min

    Sur le « Boulevard Voltaire » aujourd’hui,article signé Floris de Bonneville.

    Fini le bon Dieu pour les lecteurs de Hergé et du Club des Cinq !

    Décidément, nous vivons une époque fabuleuse d’éradication ! Dans un seul et unique but : complaire à une religion qui sait imposer ses valeurs soit par la terreur soit par le terrorisme intellectuel : l’islam, bien sûr, que l’on a encore le droit de critiquer, mais plus pour très longtemps, je le crains. On l’a vu à Rome avec ces statues antiques que l’œil de Mahomet (pourtant un chaud lapin, celui-là) ne saurait voir. On l’a vu à Paris, où l’Élysée a préféré faire l’impasse sur un déjeuner officiel plutôt que d’assumer ses traditions culturelles et vigneronnes.

    Et on vient de découvrir, avec retard tant cela est passé comme une lettre à la poste, que même la littérature est touchée. Pas n’importe laquelle : celle moins voyante qui touche l’âme des enfants. Les héros et leurs lecteurs des pré-années 70 allaient souvent à la messe, les hebdos pour enfants, tels Tintin, Spirou, mettaient en scène des missionnaires, des bonnes sœurs, racontaient en BD des histoires de saints. La chrétienté était à l’honneur. Puis vint le Concile que chacun interpréta à sa façon, avec ou sans abus. Puis vint Mai 1968, qui entraîna la perte de toutes les valeurs traditionnelles. Celles de nos parents, de nos ancêtres. Oh ! Celles-ci n’étaient pas parfaites, mais elles étaient… valeureuses.


    Hergé, le grand Hergé, fervent catholique, concéda à l’ambiance de déchristianisation ambiante de revoir certaines de ses aventures. Nous sommes en 1971. À la demande des éditeurs scandinaves, Hergé se voit en effet contraint de transformer son merveilleux album Destination New York. Jo, Zette et Jocko pris dans les glaces de l’Arctique ne rencontrent plus le père Francoeur mais le professeur Henrik Nielsen, ethnologue ! Barbu comme un missionnaire pouvait l’être. Un vrai hipster d’aujourd’hui ! Dès la page 21, le brave père Francoeur a disparu. Depuis 1971, les lecteurs de 7 à 77 ans ne savent plus que des missionnaires aidaient les Esquimaux à survivre dans le désert de glace. Dominique Maricq, expert des studios Hergé, m’a fait remarquer que même l’avion du brave prêtre baptisé Santa Maria II et sa « mission » surmontée d’une croix seront tout simplement effacés d’un coup de gomme certainement rageur de la part d’Hergé…

    On attend avec impatience en Afrique le jour où les studios Hergé seront conduits à bouleverser les aventures de Tintin au Congo, où les épaisses lèvres rouges disparaîtront avec, là encore, les missionnaires tout de blanc vêtus. 

Autre exemple qui affecte cette fois-ci les lecteurs du Club des Cinq et qui vient de faire l’objet d’une pétition lancée sur le site de Daniel Hamiche. Oh ! Ce n’est pas grand-chose. Simplement une église qui devient un marché. Tout un paragraphe du chapitre V du Club des Cinq au bord de la mer a été changé après la mort de son auteur Enid Blyton.

    En 1969, le jeune lecteur lisait : « Voulez-vous aller à la messe ? demanda Mme Penlan. La route jusqu’à l’église de Trémanoir est ravissante, vous aimerez sûrement M. le curé ; c’est un saint homme… La vieille église dormait à l’ombre de ses tilleuls… Lorsque les enfants sortirent de la messe, ils furent éblouis par le soleil. »

    La version actuelle de 2011 est devenue : « Voulez-vous m’accompagner au marché ? demanda la fermière après avoir rempli la dernière mangeoire de l’étable… Le marché se tient à l’ombre des tilleuls… Lorsque les enfants quittent le marché, ils se sentent affamés. » Fermez le ban !

    Daniel Hamiche note que le seul point commun, ce sont les… tilleuls !

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  15. Michel FRANQUE

    7 février 2016 à 5 h 36 min

    Merci de revenir à l’édition originale

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