Lyon : le diocèse s’offre une énorme publicité grâce à “20 Minutes”


Polémique. Le diocèse de Lyon révélait mercredi matin sur son site que grâce au geste d’un mécène, 4 pages de publicité relatives à la fête de l’Immaculée conception avaient été réservées auprès d’un sous-traitant local dans l’édition lyonnaise du journal 20 minutes à paraître le 8 décembre. 4 pages livrées vendredi dernier et finalement refusées mardi soir par la direction parisienne. La faute à la présence du “Je vous salue Marie” dans l’encart.

Le matin même, l’Observatoire de la christianophobie contacte l’édition lyonnaise du gratuit. On explique à votre serviteur n’avoir été mis au courant de cette affaire qu’aujourd’hui et on le renvoie vers le siège francilien du quotidien. Là, un employé me répond que la publicité n’a pas été refusée et qu’il y avait “surpagination” à ce numéro. “On ne peut pas faire 600 pages par jour”. Certes. Je lui demande une confirmation d’un de ses supérieurs.

Un membre de la direction qui a souhaité conserver l’anonymat me livrera une toute autre version des choses quelques heures plus tard. “Il nous a semblé, sans aucun jugement de valeur, vu la forme et la teneur du message qui incitait à la prière, que cela ne correspondait pas tout à fait à l’ADN de 20 Minutes qui est un journal d’information et pas d’opinion. Je tiens à le répéter, il n’y a eu aucun jugement de valeurs ou d’opinion. Mais vu la forme de la publicité, cela compromettrait les engagements que nous avons envers nos lecteurs”.

Mon interlocuteur continue sur sa lancée : “si on avait dit “oui”, on se serait retrouvé en situation de ne plus pouvoir refuser demain des choses différentes”. Et de me rappeler ensuite que “dans nos conditions générales de vente, on a la possibilité de refuser une publicité. C’est déjà arrivé une fois.”

Je lui demande ce qui a précisément gêné la direction du quotidien. “Le contenu du message pouvait être considéré comme engagé et prosélyte”. “Si on avait dit oui, il nous aurait ensuite fallu accepter, par exemple une partie des versets du Coran…” Ou, comble de l’horreur, “une prière de Gandhi”. “Cette ligne ne nous a pas paru franchissable”. La polémique ? 20 Minutes a manifestement été surpris par son ampleur et sa virulence : “on est un peu embêté par le mot ‘censuré’ qui circule ici et , il s’agit plus d’un malentendu…”

Le quotidien souhaite maintenant éviter “une instrumentalisation sur la place publique”. “On a envie que le diocèse comprenne ce parti pris. Jamais on ne s’est permis un jugement sur le message. On est dans un pays où il y a beaucoup de journaux d’opinion et très peu de journaux d’information. On souhaite le rester”. Et de m’assurer être en lien avec le diocèse et chercher l’apaisement. Ce que me confirmait jeudi matin le diocèse.

Fait étonnant : bien que celui-ci n’ait pas publié de communiqué de presse ni invité les paroissiens de Lyon à protester, il semblerait que 20 Minutes ait été surpris par l’ampleur de la polémique. “Ils ne s’attendaient sans doute pas à être contactés par Le Point, France-Inter ou France-Info” m’explique un blogueur catholique très en vue. “Les médias comme 20 Minutes ne sont plus tout puissants comme ils ont pu l’être il n’y a pas si longtemps. Maintenant, ils doivent composer avec Internet. La presse a perdu de son influence” me confie-t-il. Sur LaVie.fr, le directeur de la rédaction du gratuit Yves Mézou confirme l’ampleur de l’indignation des internautes : « On reçoit des coups de fils et des mails hystériques ».

Pour le diocèse, la direction parisienne de 20 Minutes a mal estimé le contexte local, celui d’une ville fortement imprégnée par le christianisme où même le maire assiste à chaque 8 septembre à la Messe du vœu des échevins et suit l’archevêque de Lyon lorsque celui-ci bénit la cité avec le Saint Sacrement depuis le balcon de la basilique. Une ville où de nombreux Lyonnais qui ne pratiquent pas ou même ne croient pas illuminent leurs fenêtres le soir de la fête de l’Immaculée conception. Une ville, enfin, où le dialogue intereligieux est très fort : “jamais les musulmans ou les juifs de Lyon n’auraient protesté à la vue de ces pages”. 4 pages finalement très lues grâce à la polémique. “Elles ont été consultées 10 000 fois sur le site du diocèse rien que dans la journée d’hier”. Par la force des blogs, des réseaux sociaux et des fora, plusieurs dizaines de milliers de personnes y auraient déjà eu accès. Sans que le diocèse n’ait à débourser le moindre euro. Si une source interne nous confirme que la demande de 20 Minutes de supprimer le “Je vous salue Marie” de la publicité était irrecevable “la veille de l’Immaculée conception” et “parce que la demande était trop tardive, ne nous laissant aucun moyen de nous retourner”, l’heure est à l’apaisement. Les contacts n’ont pas été rompus et l’indignation des internautes aurait même porté ses fruits… Affaire à suivre !

Côme Dubois

5commentaires
  1. philippe

    10 décembre 2010 à 8 h 20 min

    Comme quoi, il y a un Justice Divine en ce bas monde. Amen.

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  2. Jean-Trifoullier Petibois

    10 décembre 2010 à 10 h 07 min

    Yo !!

    Au final cette censure déguisée fait avancer les choses 8^))

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  3. Pingback: 20 Minutes : « le cul oui, le culte non » | Observatoire de la christianophobie |

  4. Pingback: Osservatore Vaticano » Blog Archive » « 20 minutes » étrillé par « Témoignage chrétien » |

  5. PrNIC

    31 décembre 2010 à 12 h 55 min

    neccessité de la PUB pour prier la vierge ?

    C’est n’importe quoi !

    20 minutes a bien fait de refuser cette propagande ! …et je n’y vois aucun signe de christianophobie …Au contraire !

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