« Allah Akbar » dans la cathédrale de Nantes : le témoin crucial répond à nos questions


Comme annoncé hier, avec la confirmation d’un autre témoin de l’incident, voici l’entretien que nous a accordé celui que nous avons qualifié de “témoin crucial” de l’incident survenu dans la cathédrale de Nantes le dimanche de Pentecôte 20 mai dernier. Les questions sont brèves et les réponses sont claires : elles ne laissent planer aucun doute sur la matérialité des faits.

*

Où vous trouviez-vous précisément au moment de l’incident ?

Je me trouvais dans le chœur, au pied des stalles dans lesquelles étaient assis les prêtres, c’est-à-dire à environ cinq mètres de Monseigneur, derrière lui et légèrement sur sa droite.

Combien de personnes étaient alors présentes dans le chœur ?

Si on compte la trentaine de prêtres et diacres, la demi-douzaine de servants, la maîtrise de la cathédrale (vingt-cinq à trente personnes), une chorale Métis (même nombre) chargée d’animer avec la maîtrise, et une demi-douzaine de musiciens, nous devions être près d’une centaine de personnes dans le chœur, personnes auxquelles il faut ajouter une trentaine de fidèles assis au fond du chœur (car la cathédrale manquait de place donc l’arrière du chœur a été ouvert).

À quelle distance étiez-vous de l’ambon où l’évêque allait donner son homélie ?

Monseigneur donne toujours son homélie depuis la cathèdre quand il célèbre à la cathédrale (c’est-à-dire à sa place, avec le micro installé devant lui). J’étais donc toujours à ma place, comme je l’ai dit plus haut.

Étiez-vous plus près ou plus éloigné de l’ambon que le vicaire général ?

J’en étais bien plus loin que lui ! Le Père vicaire général est le bras droit de l’évêque, et il est assis toujours à sa droite, tandis que le Père recteur est assis à sa gauche. Un diacre est assis à droite du vicaire général, légèrement en retrait.

L’individu s’est-il approché de la cathèdre avant ou pendant l’homélie de l’évêque ?

Peut-être était-il installé dans les premiers rangs sur le côté de l’assemblée, donc je ne peux pas dire s’il était en mouvement pendant la proclamation de l’Évangile, avant ou après la fin de la proclamation, ou au début du sermon. Ce qui est certain, c’est qu’il était proche de l’évêque après quelques minutes de sermon.

Au bout de combien de minutes le sermon de l’évêque a-t-il été interrompu par le perturbateur ?

À peine quelques minutes après le début, peut-être quatre ou cinq minutes après le début de l’homélie.

A-t-il arraché le micro des mains de l’évêque, ou s’en est-il simplement approché pour se faire entendre ?

L’évêque ne tenait pas le micro, l’homme s’est approché de lui et s’est approché du micro, qu’il a pris en main de manière décidée, pour parler.

Pouvez-vous faire un portrait du perturbateur ?

Un homme assez jeune, entre 25 et 30 ans peut-être, Noir, à peu près de la même taille que l’évêque (donc 1 m 75 environ semble-t-il), d’allure athlétique (comme beaucoup de jeunes gens).

Quelle a été la réaction de l’évêque au moment de l’incident ?

Il a commencé par reculer et a arrêté de parler quand l’homme s’est approché, puis a reculé un peu plus quand l’homme a pris le micro.

Combien de temps a duré l’interruption par le perturbateur ?

Son interruption a dû durer une minute en tout.

Avez-vous distinctement entendu l’expression Allahu Akbar de la bouche du perturbateur ?

Très distinctement sauf erreur de ma part, cela a été dit de façon posée, pas tellement provocatrice, mais d’une voix claire et assurée.

Était-ce avant son “discours” ou au moment où il a été maîtrisé ?

C’est la première chose qu’il ait dite, avant de commencer à s’exprimer. Le Père recteur avait déjà commencé à essayer de le repousser en le prenant par le bras depuis un instant.

Personne n’a compris ce qu’il disait. Pensez-vous qu’il s’exprimait en arabe ?

En tous les cas ce n’était pas une langue européenne (que je serais capable, même sans la comprendre, d’identifier : allemand, hongrois, polonais ; ni une langue que je parle moi-même : anglais, espagnol, italien). De là à affirmer qu’il s’agissait de l’arabe je ne peux pas en être sûr, c’était peut-être du turc ou une autre langue orientale (hormis l’hébreu que je saurais identifier aussi).

D’autres personnes dans le chœur ont-elles reconnu plus tard avoir entendu proférer l’expression Allahu Akbar ?

Je reconnais bien volontiers ne pas avoir échangé à ce sujet aux autres personnes du chœur.

Certaines d’entre elles vous l’ont-elles confié ?

De fait, non.

Comment expliquez-vous qu’aucune de ces personnes n’en ait donné le témoignage ?

Monseigneur a repris son homélie normalement, cela s’est vite oublié, ce qui peut se comprendre. Je n’ai moi-même pensé à en parler qu’en lisant l’article de l’Observatoire sur Facebook quelques jours plus tard, quand j’ai pris contact avec Daniel Hamiche.

Qui a contribué à maîtriser le perturbateur ?

Le Père recteur s’était levé pour tenter de reculer l’homme, puis le diacre proche de la cathèdre s’est levé aussi, avec le vicaire général, puis deux hommes, assez jeunes aussi (jeunes pères de famille ou étudiants) se sont saisis de cet homme.

Le perturbateur a donc fini par être expulsé de la cathédrale. Y avait-il des policiers de protection sur son parvis ?

J’avoue ne pas avoir fait attention en arrivant le matin à la cathédrale, mais il y en avait lors de la sortie, car tous les confirmands (170) se sont retrouvés avec les célébrants sur le parvis et les familles.

Savez-vous si le perturbateur a été interpellé par la police et ce qu’il est devenu ?

Aucune idée.

Les autorités ecclésiastiques ont-elles, selon ce que vous savez, déposé une plainte contre le perturbateur ?

Si c’est le cas, je n’en ai pas connaissance.

À deux reprises – selon Presse Océan et Breizh Info –, le vicaire général a affirmé que l’expression Allah Akbar n’avait pas été proférée par le perturbateur. Vous soutenez le contraire. Pensez-vous que le vicaire général pourrait ne pas l’avoir entendue pour un problème d’audition.

Peut-être que le vicaire général aura mal compris, ou alors il n’a pas fait attention aux premiers mots de cet homme ; sans doute était-il porté, comme nous tous, par les paroles fortes que disait notre évêque pendant son homélie.

*

Je souhaite, sans toutefois trop l’espérer, que ce témoignage mettra un terme aux interrogations et dénégations que l’incident a suscitées. J’insiste sur le mot “incident”, non pour minorer l’affaire mais pour la ramener à de justes proportions. Cet incident, qui n’a eu, heureusement, aucune conséquence fâcheuse, est toutefois grave. Il l’est d’abord au regard de la Loi même du 9 décembre 1905 « concernant la séparation des Églises et de l’État », car le législateur avait, en son article 32, prévu des peines d’emprisonnement et d’amende pour « ceux qui auront empêché, retardé ou interrompu les exercices d’un culte par des troubles ou désordres causés dans le local servant à ces exercices ». Même si des dispositions ultérieures prises par le législateur pour conformer cette loi à la Constitution de la Ve République, ont adouci les peines prévues, il n’en demeure pas moins que l’interruption d’un culte, quel que soit la religion impliquée, constitue un délit et ne saurait être tolérée dans un État de droit. Il l’est encore par la tentative de dissimulation du méfait par l’autorité religieuse qui en a été la victime. Le diocèse de Nantes a sans doute d’excellentes raisons d’avoir tu – et même gommé dans l’enregistrement de l’homélie disponible sur son site – l’incident, mais les raisons de s’en prendre à ceux qui l’ont révélé, ne le sont pas. Il l’est enfin par les rares mais piètres dénégations médiatiques qu’il m’a été donné de lire, lesquelles ne reprenaient d’ailleurs que les déclarations du vicaire général lequel n’a pas entendu le Allah Akbar proféré d’entrée depuis la cathèdre, ce qui est tout à fait possible, mais trois personnes présentes l’ont entendu. À chacun, désormais, de se faire son opinion…

Pour retracer l’histoire de cet “incident”, voyez ici, ici, et encore .

15commentaires
  1. Pingback: Après le "casus belli" islamique, voici le " casus belli " social ... et le " cygne noir " de la réalisation prochaine de la prophétie de Notre Dame de La Salette pour Paris ? [ MAJ 23/06 ] - Cril17 |

  2. Bastet

    24 juin 2018 à 21 h 22 min

    Les politicards qui se cramponnent au pouvoir se seraient émus de l’événement si quelqu’un avait crié « Montjoie Saint-Denis ! » dans une mosquée.

    Répondre
    • Arthur

      25 juin 2018 à 8 h 57 min

      Dans ce cas, l'”évènement” serait commenté, en boucle,comme une lâche attaque fasciste par tous les médias du système.

      Répondre
  3. Gérard P.

    25 juin 2018 à 9 h 42 min

    Le Pape François à dit:”Le mot”Prosélytisme” vous pouvez le rayez du dictionnaire,avec l’hiver démographique.”
    Hé!oui,la France commence à être dominé par les musulmans qui augmentent en nombre tous les jours pour remplir les vides démographique,mais pas en touristes mais en conquérant,remercier ceux qui ont légalisé le massacre des innocents avant la naissance! Une mosquée s’est une caserne islamique,etc …et déjà une territoire musulman sur le sol français.

    Répondre
  4. Charlotte Parc

    25 juin 2018 à 22 h 10 min

    Je vous fais parfaitement confiance @M.Hamiche quant à la véracité de ce témoignage évidemment de première main, mais il me laisse encore un drôle de goût dans la bouche pour me faire clairement une idée de la situation, sur ce qui s’est réellement passé (je pencherais pour cette version-ci des faits) mais surtout sur ses suites et conséquences.

    Car, que craignent les personnes pour témoigner ainsi de façon ANONYME ? Qui craignent-elles ? Que craignent-elles ?
    Elles ne veulent pas se mettre leurs supérieurs à dos ?

    Et pourquoi aucune communication n’a été faite par les plus hauts responsables, en l’occurrence l’évêque lui-même ?
    Pourquoi ce black-out sur l’info ? Même si c’était pour minorer les faits, les démentir ou en faire à la limite un “non-évènement”, le simple fait que cet évènement ait été répercuté sur L’Observatoire de façon différente de ce que la presse locale en a très chichement relaté, devrait porter les autorités à réagir en donnant leur version des faits.

    Il reste une énorme ombre sur toute cette affaire, qui ne sert en rien les autorités ecclésiastiques catholiques de cette ville.

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  5. Charlotte Parc

    26 juin 2018 à 15 h 21 min

    @Cril 17
    Outre que @M. Hamiche s’est déjà exprimé clairement sur cette histoire ici il y a 4 jours le 22 juin à 18:34 en répondant précisément à vous-même
    https://www.christianophobie.fr/breves/le-futur-cardinal-malgache-denonce-une-invasion-musulmane
    et qu’il a parfaitement remis lui-même les pendules à l’heure, pourquoi insistez-vous pour induire d’autres lecteurs en erreur en propageant des bidonnages ?

    Au surplus votre intervention n’a aucun rapport avec cet article-ci de M. Hamiche.
    Nous aimerions mieux connaitre votre sentiment ou vos réactions sur cet évènement-ci, plutôt que vous voir profiter de cette tribune pour écrire ce qui vous passe par la tête.

    Répondre
  6. Cril17

    26 juin 2018 à 19 h 37 min

    Du calme belle dame !
    Je n’avais pas fait le rapprochement entre la FIFA l’Arabie saoudite et Madagascar !
    D’où ma recherche – grâce au moteur de recherches interne du site – d’une tribune évoquant le sujet ( par capillarité ) et l’article que j’ai cité dans mon commentaire précédent !
    Il s’en est donc suivi un malentendu pour lequel je prie notre cher administrateur d’accepter mes excuses en raison du trouble passager à l’ordre public du site que j’ai manifestement pu causer ; mais peut-être est-ce à cause de ma surprise de voir l’Obs et Libé côte à côte contre l’argumentation de Résistance Républicaine, site qui se situe bien au-délà des périphéries de l’Eglise, si chères à notre Souverain Pontife ! Ce qui prouve d’ailleurs, comme vous l’avez écrit, Madame, les qualités et compétences professionnelles de notre cher administrateur !
    Avec mes hommages, madame ! Dont acte !

    Répondre
    • Daniel Hamiche

      26 juin 2018 à 20 h 53 min

      @Cril17

      Si Libération dit qu’il est midi quand il est midi et que je dis qu’il est midi quand il est midi, on ne peut pas en inférer que je suis du côté de Libération mais… qu’il est midi… Si Riposte laïque dit qu’il n’est pas midi quand il est midi et que je soutiens qu’il est vraiment midi quand il est midi, je ne m’oppose pas à Riposte laïque, je dis simplement qu’elle se trompe. Rien de plus, rien de moins.

      Répondre
      • Cril17

        26 juin 2018 à 22 h 07 min

        Bien sûr, cher administrateur, je n’avais pas le moindre doute à cet égard, sur la perception de l’heure qu’il est à l’horloge de l’Apocalypse.

        Aussi et si le coeur vous en dit, peut-être même aurez-vous plaisir à confirmer quelle heure il est à l’éminente Présidente de Résistance Républicaine qui a réagi à mon dernier commentaire destiné à effacer mon erreur, due à une lecture TGV excessive, dont il faut que je me corrige impérativement !

        Voyez le dernier échange sur cette page

        http://resistancerepublicaine.eu/2018/06/26/libe-refuse-dadmettre-que-larabie-saoudite-demande-linterdiction-du-signe-de-croix-aux-footballeurs/

        Répondre
      • Charlotte Parc

        27 juin 2018 à 1 h 07 min

        @M. Hamiche
        Vous m’avez fait rire de bon cœur avec vos 9 “midis” en 3 lignes.
        Et votre raisonnement de bon sens bien carré est imparable.

        Cela me rappelle une très vieille anecdote historique amusante concernant le passage du calendrier julien au calendrier grégorien, sans aucune relation avec votre article.

        En 1582, le pape Grégoire XIII décida dans la bulle INTER GRAVISSIMAS que le jeudi 4 octobre 1582 serait immédiatement suivi par le vendredi 15 octobre pour compenser le décalage accumulé au fil des siècles, depuis le premier concile de Nicée en 325, lorsque fut arrêté le calcul de la date de Pâques.

        Imposé par Grégoire XIII dans les États pontificaux, le calendrier grégorien fut aussi immédiatement adopté par l’Espagne, l’Italie, la Pologne et le Portugal. En France, Henri III l’adopta le 9 décembre 1582, dont le lendemain fut le 20 décembre 1582.

        La Grande-Bretagne et les pays protestants n’adoptèrent le calendrier grégorien qu’au XVIIIe siècle, préférant, selon l’astronome Johannes Kepler, « ÊTRE EN DÉSACCORD AVEC LE SOLEIL, PLUTÔT QU’EN ACCORD AVEC LE PAPE ».

        https://fr.wikipedia.org/wiki/Passage_du_calendrier_julien_au_calendrier_grégorien

        Quant à l’église russe orthodoxe, qui maintient aujourd’hui encore le calendrier julien malgré le passage dans la société civile russe au calendrier grégorien, c’est en raison du fait que c’est un régime politique athée qui l’a imposé (les communistes de la révolution d’octobre 1918) que l’église le refuse. Et pour elle on pourrait pasticher Kepler en disant “ÊTRE EN DÉSACCORD AVEC LE SOLEIL, PLUTÔT QU’EN ACCORD AVEC LES ATHÉES”

        Répondre
    • Charlotte Parc

      27 juin 2018 à 0 h 05 min

      @Cril 17
      “Je n’avais pas fait le rapprochement entre la FIFA l’Arabie saoudite et Madagascar !”

      Ben… nous non plus, nos n’avons pas fait le rapprochement et c’est… justement ça que je vous reproche !

      Quelle mouche vous a piqué de parler de cela (football et Arabie Saoudite) alors que le sujet portait sur l’islamisation de Madagascar ?

      Répondre

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